En Île-de-France, un projet innovant allie énergies renouvelables et agriculture durable. Sur 23 hectares, des panneaux photovoltaïques cohabitent avec un troupeau de moutons. Cette initiative, portée par ENGIE Green et le SIGEIF, montre comment la transition écologique peut créer des synergies concrètes.
Le site de Marcoussis illustre une approche pionnière : l’éco-pâturage remplace les tondeuses mécaniques. Les animaux entretiennent naturellement le terrain, réduisant l’empreinte carbone. Un modèle gagnant-gagnant pour les acteurs locaux et l’environnement.
Avec un objectif de 40 ans d’exploitation, ce parc combine performance énergétique et responsabilité sociétale. Les retombées économiques et écologiques en font un exemple inspirant pour les territoires.
Sommaire
TogglePoints clés à retenir
- Combinaison unique d’énergie solaire et d’élevage ovin
- 23 hectares entretenus par éco-pâturage
- Projet pilote en Île-de-France avec impacts locaux
- Partenariat entre ENGIE Green, SIGEIF et la commune
- Bilan carbone positif sur 40 ans
Introduction : un modèle innovant de RSE
Un partenariat novateur transforme l’espace francilien en laboratoire de RSE. Porté par ENGIE Green et le SIGEIF, ce projet s’étend sur 46 hectares, dont 23 dédiés aux panneaux. Il répond à l’ambition régionale d’atteindre 32% d’énergies renouvelables d’ici 2030.
Les acteurs locaux ont levé 1,25 million d’euros via un financement citoyen, une première dans la région. Cette approche collaborative renforce l’ancrage territorial tout en garantissant une double certification : CRE pour la production et normes biodiversité pour l’éco-pâturage.
Avec une production couvrant 245% des besoins communaux, le site incarne le développement durable. Les panneaux, recyclables à 96%, s’inscrivent dans une économie circulaire. Une preuve concrète que performance énergétique et écologie peuvent coexister.
Ce mix gaz électricité vert préfigure les réseaux intelligents de demain. Comme le révèle cette analyse, le modèle inspire déjà d’autres territoires franciliens.
Le projet photovoltaïque de Marcoussis en chiffres
Chiffres à l’appui, le parc démontre l’efficacité des synergies entre technologie et écologie. Avec 20,3 MWc de puissance et 60 000 panneaux répartis sur 23 hectares, il couvre les besoins de 10 000 habitants. Une performance rendue possible par une infrastructure optimisée.
Une puissance de 20,3 MWc pour 10 000 habitants
Le site produit annuellement 22 millions de kWh, soit l’équivalent de la consommation électrique de 8 000 foyers. Raccordé en août 2021, il bénéficie d’un contrat EDF sur 20 ans, garantissant une stabilité financière.
60 000 panneaux solaires sur 23 hectares
Les 58 000 modules sont organisés en 3 îlots distincts pour maximiser l’ensoleillement. Leur structure en acier galvanisé résiste aux intempéries, réduisant les coûts de maintenance.
Production annuelle : 22 millions de kWh
Cette production annuelle représente 17% des besoins électriques pour chaque tranche de 1 000€ investis. Un rendement calculé pour optimiser l’espace disponible.
- Structure : Cadres en acier et fondations sans béton pour limiter l’impact environnemental.
- Sécurité : Clôtures adaptées à la faune, évitant tout risque pour les espèces locales.
- Maintenance : Surveillance 24h/24 depuis le centre de conduite ENGIE Green.
L’éco-pâturage, une solution d’entretien écologique
Des bêlements résonnent là où grondaient autrefois les tondeuses à essence. Cette scène pastorale sous les panneaux solaires illustre une révolution silencieuse dans la gestion des parcs photovoltaïques.
L’éco-pâturage combine savoir-faire ancestral et innovation durable. Les moutons remplacent avantageusement les engins mécaniques, réduisant de 85% les interventions humaines. Une symbiose où chaque acteur trouve son compte :
Un cheptel ovin sous les panneaux solaires
La sélection des races a suivi une étude pastorale rigoureuse. Seules les espèces résistant aux conditions microclimatiques spécifiques ont été retenues. Leur pelage épais les protège des variations thermiques créées par les installations.
Un partenariat avec un lycée agricole voisin assure un suivi vétérinaire régulier. Les animaux bénéficient d’un mélange grainier bio spécialement formulé pour leur alimentation.
Aménagements pour la biodiversité
Le site déploie 11,5 km de clôtures perméables, permettant le passage de la petite faune locale. Ces installations respectent scrupuleusement les corridors écologiques identifiés par la commune.
Des zones boisées stratégiquement placées créent des refuges pour les pollinisateurs. Cette attention à la biodiversité a valu au projet la certification « Refuge LPO » (Ligue pour la Protection des Oiseaux).
Synergie entre énergie renouvelable et agriculture locale
Les éleveurs franciliens trouvent ici de nouveaux débouchés pour leurs troupeaux. La production de laine et de viande suit des circuits courts, renforçant l’économie territoriale.
Des visites scolaires régulières transforment le site en laboratoire vivant. Les élèves découvrent concrètement comment énergie verte et agroécologie peuvent s’épauler.
« L’éco-pâturage photovoltaïque représente l’agriculture de demain : productive, résiliente et respectueuse des écosystèmes. »
Les acteurs clés du projet
Trois partenaires stratégiques unissent leurs compétences pour donner vie à ce projet d’énergie verte. Chaque entité apporte son savoir-faire spécifique, créant une synergie rare entre secteur privé, collectivités et acteurs locaux. Cette gouvernance partagée garantit à la fois performance technique et ancrage territorial.
ENGIE Green : expertise en énergies renouvelables
Leader français des énergies renouvelables, ENGIE Green a déployé ici son savoir-faire technique. Le groupe exploite 1 440 MWc de puissance solaire en France, dont les 20,3 MWc du site. Son centre de conduite assure une surveillance permanente des installations.
L’entreprise a innové avec des fondations sans béton, réduisant de 30% l’empreinte carbone du chantier. Son approche circulaire intègre dès la conception le recyclage à 96% des panneaux en fin de vie.
Le SIGEIF et son rôle dans la transition énergétique francilienne
Ce syndicat intercommunal rassemble 189 collectivités pour 5,6 millions d’habitants. Le SIGEIF a piloté le financement citoyen, levant 1,25 million d’euros auprès des riverains. Une première régionale qui a nécessité 30 réunions publiques.
Pionnier du bio-GNV en Île-de-France, le syndicat applique ici son modèle de projets hybrides. Son bonus tarifaire CRE récompense l’implication des territoires dans la production d’énergie décarbonée.
La commune de Marcoussis, facilitatrice du projet
La municipalité a mis à disposition 23 hectares de son territoire, ancienne friche de la LGV Atlantique. Elle a simplifié les démarches administratives grâce à un permis unique intégrant contraintes agricoles et énergétiques.
Les élus locaux ont instauré une défiscalisation à 18% pour les investisseurs du cru. Cette mesure incitative a dopé l’adhésion citoyenne, transformant le projet en vitrine du développement durable francilien.
« Ce partenariat public-privé-citoyen dessine les contours d’une nouvelle gouvernance énergétique territoriale. »
Un terrain reconverti : de la LGV Atlantique au solaire
D’anciens remblais ferroviaires deviennent le socle d’un projet énergétique innovant. Ce terrain, issu des travaux de la LGV Atlantique en 1990, a connu une métamorphose exemplaire. Sur 46 hectares, dont 23 dédiés aux panneaux, l’espace témoigne d’une circularité vertueuse.
Valorisation d’une friche de remblais
Le chantier a nécessité 18 mois de dépollution préalable. Près de 680 000 m³ de remblais ont été traités pour stabiliser le sol. La solution technique retenue ? Des pieux vibrants, évitant le béton pour préserver la perméabilité des sols.
Une implantation stratégique en Île-de-France
Le site bénéficie d’un atout géographique majeur : sa proximité avec la N104 et un poste électrique existant. Cette localisation optimise les coûts de raccordement et réduit les impacts environnementaux.
L’intégration paysagère a été pensée avec des haies bocagères périphériques. Ces aménagements créent des corridors écologiques, renforçant la biodiversité tout en masquant partiellement les installations.
« Transformer des friches industrielles en leviers de transition énergétique, c’est redonner du sens à nos territoires. »
Financement citoyen et retombées locales
Une mobilisation citoyenne sans précédent a permis de financer ce projet durable. Les habitants se sont approprié cette initiative, transformant un parc énergétique en bien commun territorial.
1,25 million d’euros levés via la participation locale
Près de la moitié des investisseurs (47%) résident à moins de 20 km du site. Ce succès s’explique par un mécanisme innovant : les actions COLVERT offrent un dividende annuel de 4,5%.
Un simulateur en ligne permettait aux habitants d’estimer leur retour sur investissement. Cet outil a contribué à la transparence et à l’adhésion massive.
Bonus tarifaire de la CRE : un levier financier
La Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) accorde un bonus de +3€/MWh pendant 20 ans. Cette incitation récompense les projets intégrant la participation citoyenne.
Ce mécanisme de la CRE garantit la viabilité économique tout en redistribuant la valeur créée. Une approche gagnante pour tous les acteurs.
Impact économique tangible
Les retombées locales sont multiples :
- 120 000€ annuels de taxe foncière pour la commune
- 85 emplois temporaires créés pendant la construction
- 3 postes permanents pour l’exploitation
Ce investissement territorial dépasse largement le cadre énergétique. Il stimule l’économie locale tout en sensibilisant aux enjeux de la CRE.
« L’énergie citoyenne crée de la valeur partagée bien au-delà des kilowattheures produits. »
Les étapes clés de la construction
Le chantier de Marcoussis a marqué une étape décisive dans l’évolution des énergies renouvelables en Île-de-France. Entre permis de construire et mise service, le projet a su surmonter des défis techniques tout en respectant un calendrier serré.
2019-2020 : préparation du terrain et démarrage
Obtenu en 2018, le permis a lancé une phase d’études approfondies. Les sols argileux ont nécessité des fondations adaptées pour garantir la stabilité des structures. Malgré l’impact du COVID en mars 2020, les travaux ont pu démarrer grâce à une logistique repensée.
2021 : installation et raccordement
L’année 2021 a vu l’arrivée des 60 000 panneaux, transportés par un convoyeur spécialisé. Ce système a réduit de 40% le temps d’installation. Le raccordement au réseau EDF a été finalisé en août, après des tests rigoureux.
Phase | Innovation | Chiffre clé |
---|---|---|
Préparation | Fondations sans béton | 680 000 m³ de remblais traités |
Installation | Convoyeur sur mesure | 650 000 heures sans accident |
Tests | 72h de production continue | 18,3M€ d’investissement total |
Mise en service en septembre 2021
La mise service finale a validé 22 mois de travaux. Une cérémonie officielle a réuni les acteurs du projet, soulignant l’exemplarité des démarches environnementales. Aujourd’hui, le site produit assez d’électricité pour 10 000 habitants.
« Ce chantier prouve que rapidité et qualité environnementale peuvent aller de pair. »
Conclusion : un modèle réplicable pour la transition écologique
Ce modèle pionnier ouvre la voie à une nouvelle génération de solutions durables. Avec 620 tonnes de CO2 évitées chaque année – l’équivalent de 400 voitures retirées des routes –, il prouve qu’une transition écologique efficace allie impact environnemental et rentabilité.
Déjà, 12 projets similaires se développent en Île-de-France. Ils intégreront bientôt des ruches et capteurs IoT pour optimiser la biodiversité et le rendement. Comme le souligne le maire : « C’est un cercle vertueux où territoires et entreprises trouvent un bénéfice mutuel. »
Un guide méthodologique aide désormais les collectivités à reproduire ce modèle d’énergie verte. La preuve que l’innovation durable crée des solutions concrètes, mesurables et surtout reproductibles à grande échelle.